Comprendre la dette publique (pour les nuls) :
Comprendre la dette publique (pour les nuls) :
Taxe sur les étudiants étrangers : l’Être et le Guéant.
Malgré la promesse de Claude Guéant de réviser sa Circulaire du 31 mai, le Gouvernement vient d’inscrire dans le budget 2012 une nouvelle taxe sur les étudiants étrangers…
En psychiatrie, on appellerait ça une névrose obsessionnelle. Après la circulaire du 31 mai 2011 relative à la maîtrise de l’immigration professionnelle, dite « Circulaire Guéant », bras armé d’une politique du chiffre en matière d’immigration légale, après le décret du 6 septembre 2011 (pris pour l’application de la loi du 16 juin 2011 relative à l’immigration, l’intégration et la nationalité et relatif aux titres de séjour) qui augmente de 30% les ressources exigées pour obtenir un titre de séjour étudiant, le Gouvernement a créé dans la loi de finances pour 2012, promulguée hier, une nouvelle taxe sur les étudiants étrangers…
Gratuit jusqu’en décembre 2008, le renouvellement d’un titre de séjour étudiant est actuellement soumis à une taxe comprise entre 55 et 70 euros. A partir du 1er janvier, la taxe variera entre 200 et 385 euros. A cela s’ajoute une nouvelle contribution de 110 euros payable dès le dépôt de la demande et non remboursable même en cas de refus.
Alors qu’une politique intelligente d’attractivité universitaire supposerait d’investir ou au moins d’inciter les meilleures étudiants étrangers à venir étudier et travailler en France, c’est exactement le contraire qui se passe.
Depuis la décision de Nicolas Sarkozy d’octroyer la gratuité de l’enseignement aux Français expatriés, les frais de scolarité des lycées français à l’étranger ont explosé pour les élèves étrangers. Pour venir étudier en France, il leur faut ensuite, depuis septembre 2011, justifier de 615 euros minimum de ressources mensuelles pour obtenir un titre de séjour étudiant.
Les demandes et les renouvellements de titres de séjour seront ensuite, à partir du 1er janvier 2012, surtaxés à chaque nouvelle année scolaire. Une fois diplômé, le matraquage continue : s’il arrive à obtenir auprès des directions régionales de l’emploi son changement de statut, l’étudiant devenu salarié devra demander à son employeur de verser une taxe, réévaluée par la circulaire du 11 mars 2011 (relative aux taxes liées à l’immigration et à l’acquisition de la nationalité) à 50 % de la rémunération brute mensuelle, dans la limite de 2,5 fois le SMIC la première année, et de 160 euros les années suivantes.
Ces taxes servent-elles à financer les universités, la recherche, les instituts culturels français ? Sont-elles affectées au désendettement ? Non, elles servent à payer les factures l’Office français de l’Immigration et de l’Intégration (OFII), une agence publique dirigée par Arno Klarsfeld, ancien avocat brillant, reconverti dans le sarkozysme primaire, qui a succédé en 2011 à Dominique Paillé, ancien porte-parole adjoint de l’UMP, reconverti dans l’écriture de romans d’anticipation. Et l’OFII sait habilement dépenser cette manne financière : sa dotation lui sert en bonne partie à payer les aides au retour volontaire de migrants roumains, puis à acheter sur place des troupeaux de moutons à ces paysans sans terre – une politique totalement inefficace, condamnée par le Conseil de l’Europe…
Pour des raisons électoralistes et idéologiques, le Gouvernement était prêt à sacrifier une génération entière d’étudiants étrangers – avant la mobilisation du Collectif du 31 mai, relayée par les syndicats d’étudiants, de salariés, le patronat, les universités, les Grandes écoles, les lycées français à l’étranger, les associations de défense des étrangers, les associations de défense des droits de l’Homme, les chercheurs, les intellectuels, les partis politiques, etc.
Malgré le revirement récent le mal est fait et l’image de la France à l’étranger est déjà écornée. Cela se traduit déjà par les chiffres de préinscrip-tion d’étudiants étrangers dans l’enseignement supérieur en France. A moins d’un coup de barre fort dans la direction opposée, cet effet risque d’être durable.
Les revendications du Collectif du 31 mai sont simples : un retrait immédiat de la circulaire et l’association systématique de toutes les parties prenantes à la définition de nouvelles règles. A terme, il faudra prévoir une autorisation provisoire de séjour automatique d’un an à la fin des études, afin de laisser le temps à l’étudiant de trouver un travail ou de créer son entreprise en France. Un titre de séjour de cinq ans renouvelable pour les étudiants qui deviennent salariés pourrait ensuite être créé.
De plus, la simplification et la dématérialisation de toutes les démarches administratives pour les étudiants étrangers est indispensable. Il n’est pas admissible que des étudiants en période de partiels dorment la nuit devant les préfectures pour pouvoir déposer leurs dossiers. Il faudra ensuite supprimer les taxes servant à financer des administrations dont la seule raison d’être est de percevoir ces taxes.
Voici pour 2012 des propositions clés en main pour facilement diminuer les dépenses de l’Etat, stimuler la croissance et faire de nouveau rayonner la France à l’étranger. Aux candidats républicains de s’en saisir.
Source : http://lecercle.lesechos.fr
Il fut un temps, pas si lointain, où les jeunes filles de notre douce France fréquentaient des lycées (non mixtes) en jupe, les pantalons leur étant strictement interdits. Les temps ont bien changé. Aucune tenue ne choque plus personne.
Pourtant, la tenue des jeunes filles semble redevenir un enjeu majeur : à partir de quelle longueur de robe celles-ci sont-elles vraiment « libérées » ? Faut-il montrer ses genoux pour faire la preuve que l’on est « libérée » ? Ou bien la mini-jupe serait-elle le seul signe de « libération » ? Ces angoissantes questions hantent l’administration d’un lycée de la région parisienne.
Comme le rapporte un communique du Collectif contre l’islamophobie en France (« Des lycéennes convoquées pour… port de robe longue unie ! ») :
« Après les propos nauséabonds de Marine le Pen sur les prières musulmanes, après l’ingérence de l’Etat dans les affaires religieuses avec le débat sur l’Islam, après la sortie scandaleuse du ministre de l’Education Nationale sur les mères musulmanes accompagnant les sorties scolaire, c’est au tour du Lycée Auguste Blanqui, à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis) d’être le théâtre d’un nouveau scandale islamophobe. Depuis quelques jours, plusieurs lycéennes sont convoquées, l’une après l’autre, par la proviseure adjointe et la CPE, parce qu’elles portent…une robe longue unie ! »
Le site Soutien Palestine (« Musulmanes, ôtez cette robe longue qui nous insupporte », 15 mars) rapporte le témoignage de ces jeunes filles :
« Ce mardi matin, une élève de seconde est venue à la rencontre d’une autre jeune fille scolarisée pour sa part en classe de terminale, afin de lui faire part de ce qu’elle avait péniblement vécu vendredi dernier au sein de l’établissement. Celle-ci lui a rapporté avoir été convoquée par la proviseure adjointe du lycée ! L’objet de cette convocation était la ferme condamnation du vêtement portée par cette élève, à savoir une longue robe unie ! La proviseure adjointe lui a signifié qu’au nom du règlement intérieur de l’établissement qui applique le principe de laïcité en vigueur en France, elle ne pouvait pas arriver ainsi vêtue au sein de son établissement scolaire ! Explication de la proviseure : “Cette jupe longue ne peut être considérée que comme un vêtement ostentatoire, un signe religieux manifeste” !!! » (…)
Plus tard, dans la matinée, une jeune fille de terminale a été convoquée alors qu’elle était en cours de philosophie. « Première convocation durant toute sa scolarité au bureau d’un proviseur ! Sont présentes dans le bureau, la proviseure adjointe et la CPE. Motifs avancés ? Les mêmes que ceux présentés la semaine dernière pour la jeune fille de seconde. Le déroulé de cette rencontre : “Si je te convoque, c’est à cause de ton vêtement. Voilà, je te lis le passage du règlement intérieur sur la laïcité.” Mme la proviseure adjointe faisant remarquer que la robe longue de la jeune fille faisait référence à une religion, qu’il permettait de déterminer de quelle religion elle était, et que elle, Mme la proviseure, savait très bien pourquoi elles, toutes ces jeunes filles, portaient ce type de vêtements etc. etc. Et la jeune fille de répondre que non, il ne s’agit pas d’un vêtement religieux. Et la CPE, assez silencieuse pendant tout l’entretien, de reprendre : “Oh que si !” »
« Au cours de cette séance qu’elle a qualifiée de “violente moralement”, la jeune fille a remarqué qu’il y avait devant la proviseure une feuille sur laquelle était écrit une liste de noms de filles, dont le sien, censées subir ce même entretien. La jeune fille a demandé à la proviseure à partir de quels critères cette liste de noms de filles musulmanes avait-elle été constituée ; on lui a répondu que cela ne la regardait pas. La réalité que les jeunes filles nous ont expliquée aujourd’hui est que l’administration surveille de très près les élèves qui portent le voile à l’extérieur de l’établissement et qui sont obligées de l’enlever à l’entrée du lycée ! Similitude frappante et déconcertante avec la surveillance engagée envers les personnes que l’on soupçonnait d’être juives à une certaine époque dans notre pays. » (…)
(…) « Un certain nombre de jeunes filles qui ont eu vent de cette affaire ont refusé d’aller en cours disant que l’urgence était de débattre de ces faits qui ont provoqué chez elles une très grande indignation. Elles se sont rendues en salle de permanence afin de pouvoir en débattre entre elles. Peu de temps après, sont arrivées les trois CPE de l’établissement, la proviseure et la proviseure adjointe. Message envoyé à toutes les rebelles : toutes celles qui étaient en retard à leurs cours ou celles qui avaient décidé de ne pas s’y rendre devaient les suivre ! »
« Les jeunes filles sont donc conduites dans une des salles du lycée ; ce n’est pas un débat qui aura lieu mais bien un “monologue”, selon elles, durant lequel les cheffes auront tout le pouvoir de faire savoir à celles qu’elles qualifient “d’insolentes”, “d’immatures”, ce qu’elles pensent de ces vêtements qualifiés de religieux. “Que signifie donc cette rébellion ?”, “Comment peuvent-elles oser ?” “Ces vêtements sont interdit un point c’est tout ; c’est la laïcité, c’est le règlement… Et être habillées de la sorte est ostentatoire”, a déclaré religieusement Mme la proviseure, nouvelle ambassadrice de la religion laïque au sein de cet établissement. Que “décidément ce n’est pas un style que d’être vêtues de la sorte”. Que “regardez-moi avec ma veste et mon jean”, ça c’est un style !” “Ah bon vous êtes styliste ?”, rétorque, agacée, une des jeunes filles présentes. Silence de la proviseure. Et plus le temps passe, plus les cheffes à cours d’arguments commencent à s’enliser. “Comment ça se passe quand c’est la mode des jupes longues ?” demandent les élèves. “Elles ont droit ou pas le droit, les filles, de les porter ?” “Vous savez bien que ce n’est pas la même chose ! En haut elle porte un petit chemiser, un petit tee-shirt avec des bretelles ; ce n’est pas la même chose !” “C’est ce vêtement tout noir.” “Ah bon ! C’est la couleur maintenant qui vous pose problème ?!”… »
Le lendemain s’est déroulée une autre réunion, avec les parents des élèves, tout aussi hallucinante (« Dis-moi ton prénom, et je te dirai si ta robe longue est ostentatoire ! », 16 mars), d’où il ressort que les jeunes filles concernées seront confinées au CDI, en attendant que la hiérarchie tranche… Exclure, exclure, exclure. Au nom de la laïcité, en plus…
Ce qui indigne l’animatrice du site féministe décapant Les Entrailles de Mademoiselle, qui, dans un billet intitulé « Sois blanche et tais-toi ! » (17 mars), écrit :
« Ne pourrait-on pas demander à ces jeunes femmes de changer de prénom, afin de s’appeler Caroline, “comme tout le monde” ? Ne pourrait-on pas demander à ces jeunes femmes d’arborer un épiderme bien blanc, “comme tout le monde” ? »
« Parce que, comme le dit Môssieur Guéant, “Les Français (…) ne sont pas xénophobes. Ils veulent que la France reste la France.” (Le Monde du 15 mars 2011). »
« Ah, la France éternelle, son pâté, son camembert, ses colonies… »
« Mademoiselle pense donc qu’il faudrait de toute urgence légiférer de manière à rendre obligatoire le port de signes ostensible de francitude. Ainsi, tout(e) lycéen(ne) désireux(se) de montrer son amour de la Patrie et de la Laïcité devrait désormais venir au lycée en arborant :
Un jambon beurre et sa serviette à carreaux »
Dans le climat nauséabond du débat sur l’islam, les mesures de ce type se multiplient et contribuent à créer les conditions d’une progression de Marine Le Pen. N’est-ce pas le ministre de l’éducation Luc Chatel, qui a pris une décision héroïque et a interdit aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires – décision qui sera sans doute contestée devant le Conseil d’Etat (lire Stéphanie Le Bars, « Luc Chatel ne veut pas de mères voilées pour accompagner les sorties scolaires », LeMonde.fr, 3 mars). Cette décision aura au moins un effet positif : renvoyer dans leurs foyers ces femmes qui cherchent à s’intégrer aux activités scolaires, un pas décisif dans la voie de leur émancipation.
Quant à l’égalité hommes-femmes, elle pourra toujours attendre dans un pays où 85% des députés sont des hommes, où l’inégalité des salaires est flagrante, où la violence contre les femmes persiste.
Université populaire.
Source : blog.mondediplo.net
6 000 000 De Tonnes De Pétrole Déversées En Mer Chaque Année
Face à la montée de la contestation, Moubarak a décidé de couper l’accès à Internet. Les internautes égyptiens cherchent désormais à contourner la censure.
Depuis le jeudi 27 janvier 22h30, la majeure partie de l’Internet égyptien ne répond plus. Après avoir bloqué mardi l’accès aux réseaux sociaux (Twitter, Facebook), l’État Égyptien a tout simplement décidé la coupure quasi-totale du réseau à l’intérieur du pays (voir ce visuel assez évocateur).
Comment les autorités égyptiennes sont-elles parvenues à établir cette censure? Peut-elle être contournée ?
Jusqu’à présent, l’État égyptien s’était contenté de méthodes de filtrage classique empêchant l’accès aux réseaux sociaux, qui servaient aux manifestants pour s’organiser et cordonner leurs manifestations. Mais ce filtrage était imparfait, si le site public de Twitter ou Facebook était bien inaccessible, les applications sur téléphones mobiles notamment continuaient de permettre d’y accéder.
En prévention de la journée test de ce vendredi 28 janvier, le gouvernement a donc décidé d’aller beaucoup plus loin en interdisant aux quatre principaux fournisseurs d’accès (FAI) d’établir des connexions à l’intérieur ou à l’extérieur du pays. Alors qu’en France, nous comptons une centaine d’opérateurs, en Egypte, ces quatre opérateurs privés bénéficient du quasi-monopole sur le trafic internet. Entièrement soumis à l’exécutif, ils n’ont opposé aucune résistance à la requête d’Hosni Moubarak, plongeant ainsi dans le noir la grande majorité des internautes égyptiens.
Quasiment «historique», selon Benjamin Bayart, président de la French Data Network, un des fournisseurs d’accès historiques français, puisque contrairement à la Tunisie où Internet avait été coupé pour les particuliers mais restaient accessible pour les entreprises, ou en Iran, où le gouvernement avait joué sur le ralentissement du débit pour en limiter l’utilisation Là, le «blackout» toucherait 88% de l’internet égyptien. Unique exception : le fournisseur d’accès (le Groupe Noor) hébergeant le site de la bourse égyptienne aurait échappé à la censure. Seule la Birmanie avait osé aller aussi loin jusqu’à présent.
Comment le gouvernement égyptien a procédé? En ordonnant aux fournisseurs d’accès d’interrompre l’accès aux protocole BGP (Border Gateway Protocol) et DNS. Pour faire simple, l’Internet égyptien n’émet plus d’adresse IP et n’a plus de «routes» pour accéder à Internet. Les ordinateurs sont reliés physiquement à Internet puisqu’il n’y a pas eu de destruction matérielle mais les IP ne répondent plus, les routeurs internationaux sont coupés. 3500 routes ont été ainsi retirées sans laisser de chemin valide. Un peu comme si on avait supprimé tous les panneaux d’indications d’un système routier.
Les autorités égyptiennes ont également suspendu les réseaux de téléphonie mobile.
Mais si le réseau haut-débit ne répond plus, il reste cependant le bon vieux réseau analogique de liaison radio amateur qui peut permettre de contourner partiellement cette censure. La situation est assez similaire à celle des résistants pendant la seconde guerre mondiale, la problématique de communication et les risques sont les mêmes, à savoir que ce type de radio sont très facilement localisables pour la police. Telecomix, un groupe d’hacktivistes suédois multiplie ainsi les passerelles afin «d’acheminer les IP» des Egyptiens qui utilisent ce genre de radio amateurs.
Le gouvernement n’ayant pas encore osé éteindre l’intégralité du réseau téléphonique, avec une ligne fixe et un modem 56k, les Egyptiens peuvent aussi accéder au web. Notamment grâce à FDN, qui vient de lancer un réseau téléphonique commuté permettant aux Egyptiens capables de joindre la France par téléphone, d’accéder à Internet. Malheureusement, la bande passante reste très limitée.
Enfin pour les journalistes et les élites du pays, il reste le réseau satellitaire mais qui demeure trop onéreux pour représenter une véritable solution alternative.
Ce black-out de l’Egypte sur elle-même représente une solution d’urgence qui aura de toute manière du mal à être soutenu sur le long terme. La Birmanie avait réussi à le maintenir durant deux semaines mais n’avait pas les mêmes besoins politico-économiques que l’Egypte. Internet est tellement intégré la société et à l’économie égyptienne que les pertes seront considérables. Si le groupe Noor qui héberge la bourse égyptienne a été épargné, des hackers parlaient aujourd’hui de lancer des attaques DDOS afin de le faire tomber.
Les autorités devront aussi mesurer que si l’Internet représente un contre-pouvoir au régime égyptien, il est aussi une soupape de sécurité. Nul doute que la censure des réseaux risque de faire monter un peu plus le niveau d’exaspération de la société.
Il y a encore quelques jours, c’était presque inenvisageable : la coupure totale ou quasi totale de l’accès à Internet n’avait jamais été pratiquée par aucun gouvernement, à l’exception de la Birmanie, dont le réseau est peu développé et où les deux fournisseurs d’accès à Internet (FAI) sont contrôlés par l’Etat.
Mais, en quelques heures, les autorités égyptiennes sont parvenues à couper l’accès à l’ensemble du réseau en ordonnant aux FAI d’interrompre à la fois l’accès aux protocoles DNS (Domain name server, qui aiguille les ordinateurs vers les adresses des sites) et BGP (Border gate protocol, qui indique quelles adresses IP sont utilisées par les fournisseurs d’accès).
Si de nombreux pays autoritaires ont mis en place un filtrage du Web qui s’appuie sur le protocole DNS, l’utilisation du BGP pour le filtrage est moins classique. “Par le passé, le BGP a déjà été utilisé pour le filtrage mais toujours de manière ‘chirurgicale’”, détaille Rik Ferguson, expert en sécurité pour l’éditeur de logiciels Trend Micro.
DOUBLE BLOCAGE
En pratique, les autorités ont ordonné aux principaux fournisseurs d’accès du pays de bloquer totalement ces deux protocoles, empêchant à la fois les ordinateurs égyptiens de “s’orienter” dans Internet et les sites hébergés dans le domaine “.eg” de signaler leur existence aux internautes à l’étranger. Seul le FAI Noor est encore connecté au réseau, “soit parce qu’il n’a pas reçu l’ordre de couper ses accès, soit parce qu’il a refusé d’obéir”, juge Rik Ferguson.
Noor compte proportionnellement peu de clients ; l’entreprise n’était pas joignable, vendredi 28 janvier au matin, pour expliquer pourquoi son service est encore opérationnel. Un élément d’explication pourtant : Noor est le fournisseur d’accès de la Bourse égyptienne, dont le site est l’un des rares à être encore accessibles. D’après les observations des FAI à l’étranger, l’accès du système qui gère la Bourse à la dorsale Internet a été maintenu.
Malgré ce qui semble être une précaution des autorités pour empêcher les manifestants de communiquer tout en préservant son système financier, les conséquences de ce blocage seront multiples et importantes, prévient Rik Ferguson. “Le système de paiement par carte bancaire, par exemple, dépend d’Internet pour valider les transactions : il est aujourd’hui impossible de payer dans un magasin égyptien en utilisant une carte de crédit.”
Un détail, pour les autorités égyptiennes : les réseaux de téléphonie ont également été coupés. D’après les informations du Monde.fr, les antennes relais situées dans les grandes villes et à proximité ont été coupées, paralysant le trafic de tous les opérateurs mobiles. Le système de transmission des SMS a également été coupé à la demande des autorités égyptiennes.
Source : lemonde.fr
A short animated film about the Belgian political structure.
The text was written by Marcel Sel, a Belgian writer, author of Walen Buiten, a best-seller on the «Belgian Crisis».
The music was specifically composed by Laurent Aglat for the film, and Emma Dornan’s beautiful voice gave the commentary its magical tone.
The film was directed by Jerome de Gerlache.
Pas d’accès Internet (sauf très rares exceptions) vendredi matin en Egypte, et les services de téléphonie mobile ont aussi été coupés, signale un journaliste du quotidien anglophone Daily News Egypt (publié en Egypte), alors que des appels à continuer à manifester aujourd’hui ont été lancés. Mais certains internautes ou journalistes continuent à Twitter en direct depuis le Caire.
Certains journalistes (comme Tim Marshall, de la chaîne d’information britannique SkyNews) réussissent encore à twitter, sans doute via un téléphone par satellite. “La police anti-émeutes arrive en force sur la place Tarhir. On ne les a pas vu depuis deux jours. La place est proche de plusieurs ministères” écrivait Marshall, depuis Le Caire, peu avant 10h vendredi matin, avant de signaler lui aussi à 10h40 l’impossiblité d’utiliser des téléphones mobiles.
Le quotidien égyptien d’opposition Al-Masry Al-Youm signale, lui aussi, sur Twitter à 10h45 qu’il continue à faire des mises à jour “malgré le blocus”.
A 11h, il signale l’appel à la prière qui retentit, et ajoute que la célèbre mosquée Omar Makram située sur la place Tarhir (la plus grande place du Caire) est fermée et entourée de policiers.
Le quotidien égyptien d’opposition Al-Masry Al-Youm signale, lui aussi, sur Twitter à 10h45 qu’il continue à faire des mises à jour “malgré le blocus”.
A 11h, il signale l’appel à la prière qui retentit, et ajoute que la célèbre mosquée Omar Makram située sur la place Tarhir (la plus grande place du Caire) est fermée et entourée de policiers.
“Je tourne des vidéos depuis les toits, trop dangereux d’être dans la rue pour les étrangers. Il y a des milliers de manifestants” écrivait hier soir Ian Lee qui travaille pour le quotidien anglophone Daily News Egypt, publié en Egypte.
Facebook avait servi à appeler aux premières grandes manifestations de cette semaine, et l’accès à certains sites ou services comme Twitter avait été coupé dès le début de ces manifestations le 25 janvier.
Proxy alternatif : http://www.myphproxy.com
Ce site vous permet le surf anonyme sur tous les sites internet, vous pourrez aller n’importe ou sans être vu.
Il vous suffit de renseigner dans le champ l’adresse du site que vous voulez visiter.
Julian Assange homme de l’année? Time Magazine a hésité, puis lui a préféré Mark Zuckerberg, le père de Facebook. L’homme de WikiLeaks, ou l’homme de Facebook? Le Monde a hésité aussi, mettant en plus dans la balance une femme exemplaire, qui n’a créé ni site pour fuites géantes ni réseau social, mais qui inspire tout un peuple par son idéal et son courage, Aung San Suu Kyi. Puis nous avons choisi Julian Assange – un choix confirmé par celui des lecteurs du Monde.fr.
Aung San Suu Kyi tente de libérer la Birmanie, Mark Zuckerberg a révolutionné la communication au quotidien sur Internet, Julian Assange a bouleversé les termes du débat public sur la transparence.
Le Monde s’est associé à ce bouleversement, en publiant, pendant quatre semaines, depuis le 28 novembre, des articles rédigés à partir d’une sélection de quelque 250 000 télégrammes du département d’Etat.
L’ensemble de cette correspondance diplomatique confidentielle, de 2004 à 2010, a été mis à sa disposition ainsi qu’à celle de quatre autres titres de la presse mondiale, (The New York Times, The Guardian, Der Spiegel, El Pais) par WikiLeaks, l’organisation de Julian Assange en possession de ces télégrammes américains, objets d’une fuite massive.
Les télégrammes auxquels se réfèrent ces articles ont, eux, été mis en ligne après avoir été expurgés de toute donnée susceptible de mettre en danger les personnes qui y sont citées. Selon un processus agréé au départ avec WikiLeaks, les cinq journaux partenaires ont opéré eux-mêmes la sélection et le traitement des télégrammes choisis qui, une fois expurgés, ont été envoyés à WikiLeaks: 1 897 télégrammes (sur 250 000!) ont ainsi été traités, en quatre semaines.
Ce partenariat exclusif arrive à son terme et WikiLeaks, reprenant son autonomie, s’apprête à présent à élargir la diffusion des télégrammes à d’autres journaux, répartis sur différents continents. Selon Julian Assange, ces télégrammes seront expurgés soit par les organes de presse concernés, soit directement par WikiLeaks.
La publication de ces “mémos” a suscité de vives réactions. Enthousiasme chez certains de nos lecteurs, indignation chez d’autres. Condamnation par les diplomates d’un procédé qui met à nu leur travail, fondé sur la confidentialité. Craintes de voir émerger une “dictature de la transparence”: aujourd’hui responsable, demain sauvage et totale?
Les pages “Débats” du Monde et du Monde.fr ont reflété l’intensité des interrogations d’ordre éthique, journalistique et politique soulevées par cette initiative d’un nouvel acteur de la communication et par la démarche de sélection, puis de filtrage, de médias traditionnels.
Il y a quelques jours, un quotidien norvégien, Aftenposten, a déclaré être en possession, à son tour, des 250 000 “mémos”. Le ministre norvégien des affaires étrangères, Jonas Gahr Stoere, a demandé au journal de lui communiquer les câbles concernant les relations russo-norvégiennes, et a essuyé un refus. Cela lui a inspiré quelques réflexions, dont il a fait part sur le site de son parti: “Les rôles entre les médias et le pouvoir sont pratiquement inversés. Maintenant, c’est nous, le ministère, qui demandons à la presse l’accès à l’information!”
Tout en critiquant les fonctionnaires déloyaux auteurs de la fuite initiale, M. Stoere ne peut s’empêcher de trouver “fascinante” la lecture de cette “matière première” diplomatique.
“PERSONNAGES INTÉRESSANTS”
En France, le gouvernement n’a pas été fasciné, mais les contradictions qui émergent en son sein montrent qu’il n’y a pas de gestion simple de cette affaire. Après la condamnation des fuites par le président Sarkozy, Eric Besson, ministre chargé de l’économie numérique, a demandé, le 3 décembre, à un organisme jusque-là largement inconnu, le Conseil général de l’industrie, de l’énergie et des technologies (CGIET), d’étudier la possibilité de mettre fin à l’hébergement du site WikiLeaks par une société française, OVH.
Le CGIET a remis son rapport le 10 décembre au ministre, qui l’a transmis à Matignon. Deux semaines plus tard, rien n’a filtré de ce rapport, également communiqué aux ministres de la justice, de la défense, de l’intérieur et des affaires étrangères, et la décision “au niveau interministériel” annoncée devrait attendre janvier.
En revanche, plus de 2 000 sites-miroirs de WikiLeaks ont été créés: une décision d’interdiction de l’hébergement de WikiLeaks par OVH serait non seulement juridiquement fragile, car elle relève en réalité de la justice, mais elle ne servirait à rien sur le plan pratique.
Quant au fondement politique de la position de M. Besson, deux simples phrases de Christine Lagarde l’ont fait voler en éclats, le 17 décembre, sur le plateau du “Grand Journal” de Canal+: Julian Assange et Mark Zuckerberg, a estimé la ministre de l’économie, “sont des personnages vraiment intéressants, l’un et l’autre déterminés à soutenir la liberté d’expression, qui me paraît une des libertés fondamentales”.
Assange, le receleur de documents volés? “Je ne suis pas en train de me féliciter de tout ce qu’il a fait, a-t-elle ajouté, mais je crois qu’au cœur de l’action, c’est la liberté d’expression, avec ses succédanés, ses inconvénients.” C’est bien, aussi, le problème de la Maison Blanche.
Source: Le Monde